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| | | | | | |  Notre cousin le cochon |  | "Au moyen Age, en Europe, trois animaux seulement sont pensés comme des "cousins de l'homme" : l'ours, en raison de son aspect extérieur, de son régime alimentaire, de ses moeurs et de son comportement sexuel (longtemps on a cru que l'ours mâle était attiré par les jeunes filles, qu'il enlevait et violait) ; le cochon du fait de son anatomie interne, de sa physiologie, de ses maladies, de son caractère omnivore, de son intelligence et de sa sensibilité ; et le singe, à propos duquel un auteur allemand du XIVè siècle précise : "En fait, contrairement à l'ours et au porc, le singe ne ressemble pas du tout à l'homme mais il est tellement diabolique qu'il fait semblant de lui ressembler." Plus anciennement, dans les récits mythologiques, ce cousinage entre l'homme et le porc s'exprime déjà dans le thème de la métamorphose : des humains sont changés en porcs et inversement. Le livre X de l'Odyssée, par exemple, nous raconte comment les compagnons d'Ulysse ont été transformés un temps en pourceaux par la magicienne Circé. Au Moyen Age, c'est la légende de Saint Nicolas qui diffuse à grande échelle ce thème. Dans une ville où régnait la famine, trois orphelins demandent l'hospitalité à un boucher. Celui-ci la leur donne, mais il les emprisonne, puis les tue et les jette au saloir comme s'il s'agissait de vulgaires pourceaux. Ensuite, il les découpe en morceaux avec l'intention de les vendre à ses clients comme de la bonne viande de porc. Heureusement, Saint Nicolas réussit, par un simple signe de croix, à rassembler les morceaux et à redonner vie aux enfants. Parfois, il ne s'agit pas de métamorphose mais de substitution ou de mimétisme. C'est en général pour l'auteur l'occasion de critiquer le comportement des hommes ou de mettre en valeur tous les vices d'une société. Quatre siècles avant notre ère, au livre II de sa République, Platon opposait déjà la cité idéale, à venir, et la "cité des pourceaux" (celle des hommes de son temps), qui n'avait pour but que de satisfaire les besoin des sens et du corps. Au Moyen Age, lorsque des procès sont intentés aux animaux, neuf fois sur dix c'est un cochon qui est conduit au tribunal. A cette primauté du porc il existe différentes raisons. La principal réside sans doute dans la loi du nombre : les cochons vagabondent partout, jouant le rôle d'éboueurs et occasionnant de nombreux accidents. Mais il est une autre raison, plus fondamentale, qui explique la présence du porc au tribunal : sa proximité biologique avec l'être humain. Celle-ci est déjà bien connue des médecines grecque et arabe. Une idée récurrente chez beaucoup d'auteurs souligne combien l'organisation anatomique interne de l'homme et celle du cochon sont identiques ou presque. Ce que confirme la médecine contemporaine. C'est pourquoi, au Moyen Age, dans les écoles de médecine, l'anatomie humaine est enseignée à partir de la dissection de la truie ou du verrat, l'Eglise interdisant la mutilation du corps humain après la mort. A Padoue et à Montpellier, au début du XIVè siècle, les professeurs et leurs étudiants consomment ainsi annuellement près de 500 porcs. Cette idée d'un cousinage trouve au fil des siècles des confirmations de plus en plus solides : l'être humain et le cochon entretiennent une parenté anatomique et physiologique indéniable. Même si le singe possède un pourcentage d'ADN commun avec l'homme légèrement supérieur à celui du porc, c'est bien ce dernier qui constitue aujourd'hui un parfait modèle scientifique pour étudier l'être humain. Un très grand nombre d'expériences sont faites sur le cochon et de nombreux produits nécessaires à la santé humaine lui sont empruntés (l'insuline par exemple). Plusieurs de ses organes - coeur et foie notamment - peuvent être transplantés chez l'être humain. Une équipe de chercheurs canadiens a même montré qu'une truie pouvait être "mère porteuse" d'un embryon humain pendant quelques heures, le temps d'une opération de la mère biologique. La parenté biologique entre l'homme et le porc peut enfin aider à mieux comprendre les tabous qui entourent cet animal dans certaines cultures depuis des époques anciennes. Plutôt qu'à des raisons hygiéniques, climatiques ou totémiques, ces tabous, qui ont perduré jusqu'à nos jours, ne seraient-ils pas tout simplement dus à cette parenté biologique ? Certes, il a fallu des millénaires pour en avoir une connaissance assurée, mais le rejet de cet animal et tous les interdits qui l'accompagnent ne seraient-ils pas nés le jour où l'homme a découvert que la chair du cochon avait la même saveur que la chair humaine ?"
//article de M.P. - L'Hisoire - numéro spécial |
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"Oublié pendant des décennies, l'âne opère aujourd'hui un étonnant retour en force. Chargé d'un fort symbolisme culturel, il est évocateur de calme, de courage, de paix et de sagesse, et apporte une bouffée d'air pur à ceux qui recherchent un contact authentique avec un animal de tradition, moins exigeant et moins difficile à manipuler que le cheval. [...] Les Hébreux et les Egyptiens domestiquèrent l'âne longtemps avant le cheval. Grâce à son tempérament doux et à sa grande facilité d'acclimatation, l'âne s'est répandu très tôt dans toute l'Europe. Il reste toutefois absent des régions froides et ne se reproduit plus à partir d'une certaine latitude. Animal sobre et frugal, l'âne est d'un entretien beaucoup moins onéreux que le cheval ou le boeuf. Son caractère calme et fiable rendait son emploi moins aléatoire que celui du cheval, craintif et parfois dangereux. Facile d'emploi pour la traction de véhicules légers, infatigable travailleur, l'âne était présent dans tous les terroirs pauvres, de l'Ecosse à l'Irlande, et bien évidemment dans tout le bassin méditerranéen. Mais on le rencontrait aussi sur tous les chemins de France : l'âne normand permettait le transport du lait récolté dans les fermes, l'âne de Provence portait de pleins paniers d'olives, et le grand âne pyrénéen se chargeait du transport de la glace nécessaire aux hôtels des stations thermales de la région ! Grâce à sa sûreté de pied, le petit âne corse pouvait s'aventurer dans d'inaccessibles sentiers de montagne. Nombreuses aussi sont les images des ânes de nos campagnes, sans race définie, disparaissant sous des monceaux de paille ou de fagots, quand ils ne portaient pas leur maître ou sa femme, parfois assise par-dessus le chargement ! A la ville aussi, l'âne faisait partie du panorama traditionnel, effectuant de modestes livraisons ou amenant au marché des provisions de fruits ou de légumes frais... [...] De l'avis unanime, l'âne est nettement plus intelligent que le cheval. Ce dernier est très émotif, et bien souvent ses réactions de fuite ou de peur inhibent ses facultés de raisonnement. Plus posé, plus calme et moins anxieux, l'âne fait preuve d'un solide bon sens et se montre généralement très astucieux. Au travail, l'âne se montre courageux et sérieux. Il ne s'énerve pas inutilement et garde son sang-froid en cas de difficulté. La légende de l'âne têtu n'est donc pas fondée, et semble être née d'un malentendu : contrairement au cheval, l'âne sait d'instinct s'économiser et éviter les situations dangereuses; c'est pourquoi, il lui arrive de refuser d'avancer. On a donc interprété comme entêtement ce qui n'était que bon sens, logique et capacité de jugement... En revanche, il est généralement très difficile de faire passer un âne dans l'eau. Originaire de pays secs, l'âne est frileux et déteste être mouillé. Il craint l'eau et refuse parfois d'avancer face à un simple miroitement qui lui paraît suspect. C'est un petit travers avec lequel il faut compter, car certains ânes ne s'habituent jamais à traverser un ruisseau... L'âne est un animal sociable qui recherche la compagnie de ses congénères, s'entend bien avec les autres animaux (sauf les chiens qu'il ne connaît pas) et s'attache loyalement à son maître. Il possède une physionomie expressive. Ses oreilles sont réellement "parlantes" : couchées vers l'arrière, elles expriment le mécontentement ou la méfiance. L'âne pourrait mordre ou donner un coup de pied. Pointées vers l'avant, les oreilles témoignent de l'intérêt que vous porte votre âne et de son amitié."
Laetitia Bataille - extraits Petit guide AEDIS éditions
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|  | |  | | Ane de Provence | Ane rustique, solide, à ossature forte, calme et patient, il est facile à dresser. La taille à l'âge de 3 ans varie entre 120cm et 135cm pour un mâle, 117cm et 130cm pour une femelle. La robe la plus typique est de type "gris tourterelle" (reflet rosé) et peut varier des teintes très claires aux teintes foncées, avec sur le dos une bande cruciale, bien marquée, toujours présente. Ces différentes teintes de gris sont toujours uniformes. Toutes les autres robes sont exclues. La tête plutôt forte. Le chanfrein large est rectiligne parfois marqué par un bout de nez fuyant. Les yeux en amandes sont cerclés de noir et le tour des yeux est souvent éclairci. Le front, les oreilles et le bord des yeux sont presque toujours teintés de roux. Le bout du nez est généralement éclairci. Les oreilles sont plantées au sommet du crâne et orientées vers l'avant quand l'animal est attentif, l'encolure est épaisse et de longueur moyenne. Les membres solides, à ossature forte, peuvent être marqués par le dessin de zébrures plus ou moins nombreuses. Souvent on notera au moins une zébrure dessinée en diagonale sur les antérieurs, au niveau des avant-bras. Le sabot plutôt large pour celui d'un âne, est bien adapté à la marche et à la charge. Le dos est fort et droit, le rein court et musclé et la croupe est épaisse et ronde.
source Association de l'Ane de Provence - Le Colombier - 26750 Montmiral |
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|  | |  | |  | Bergerie Nationale - Parc du château - CS40609 - 78514 Rambouillet cedex Tél. 01 61 08 68 00 - Fax: 01 34 83 07 54 |
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 | |  | |  | | Journée internationale pour l'abolition de la viande 30 janvier 2010 |
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